Suite à un mécontentement régulier et face aux limitations engendrée par Overblog, je me décide à mettre les voiles pour d'autres cieux.
En l'attente d'avoir le temps de me faire mon pti blog tout seul sur un hébergement privé, je me lance sur une autre plateforme, plus souple, plus complète, et surtout plus ouverte aux add-on de
type gravatar ou twitter (quoique, je pense pas me mettre à ce dernier pour l'instant) : Wordpress.
Les articles et commentaires ont été transférés (à la main -_-; heureusement y en avait pas trop), donc je vous invite à me retrouver sur http://casualotaku.wordpress.com
Après le succès retentissant de Death Note, et le flop quasi inaperçu de leur version de Blue Dragon, le duo
de mangaka Ôba/Obata revient sur le devant de la scène. Bakuman, leur nouveau titre, semble se faire sa place dans les pages du Weekly Jump, parvenant à supplanter quelques locomotives en perte
de vitesse, comme Bleach ou Eyeshield 21, dans les classements hebdomadaires (si ça vous tente, voyez les discussions et les statistiques frôlant la maniaquerie de certains intervenant de
ce forum).
Et là, c’est le bonheur : si je n’ai pas vraiment accroché à Death Note sur la longueur (trop de bla-bla
qui tournent en ronds, des stratégies capilotractées fumeuses et fumantes, …), Bakuman a le mérite de souffler un vent d’air frais sur la production shonen du moment. C’est bien simple, on se
croirait presque revenu au temps d’Hikaru no Go.
Car à l’instar de cette dernière (dessinée par Obata mais scénarisée par Hotta), Bakuman (contraction de
bakuhatsu – explosion – et de manga) a l’intelligence (ou l’opportunisme ?) de reprendre les codes du shonen nekketsu (« Plus loin, plus fort, plus vite ! Battons-nous et nous atteindrons nos rêves ! ») pour les
transposer dans un milieu au premier abord peu propice à ce genre de scénarios. Anciennement, c’était le jeu de go, maintenant, c’est l’univers des mangakas !
Bakuman, un manga nekketsu plein
d'énergie !
Qui aurait cru que l’on pouvait être captivé par l’histoire de deux jeunes gens dont le but est de se faire
publier dans le Jump ? C’est là que tient la magie d’Obata, qui a pour lui la maîtrise de la mise en page, et la clairvoyance dans le choix des personnes qui l’entourent.
Histoire
Bakuman, c’est avant tout une histoire d’amour. Celle-ci est peut-être aussi l’aspect le moins bon de la
série, mais c’est le moteur de l’action :
Mashiro, élève en dernière année de collège, passe ses cours à dessiner la belle Azuki. Il ne le sait pas,
mais la demoiselle éprouve elle aussi des sentiment pour lui. Takagi, lui, pense que, si Mashiro et ses dessins s’associaient à lui et ses scénarios, ils pourraient facilement devenir de riches
et célèbres mangakas. Devenus potes, Takagi pousse le timide à se déclarer auprès d’Azuki, qui leur annonce alors vouloir devenir seiyû (comédienne de doublage, quoi), afin, comme par
hasard, de doubler un personnage du dessin animé tiré du manga des gars !
Et comme toute comédie romantique qui se respecte dans le monde des manga, il y a une promesse :
« Atteignons chacun nos rêves, et je promets alors de t’épouser ! » (ouais, carrément !), avec son corolaire : « D’ici-là, concentrons nous sur nos objectifs, et ne
nous contactons que par texto ! ».
Quel est le meilleur moyen de voir son manga devenir un animé à succès ? Entrer dans le Jump bien
sûr !
Heureusement, Bakuman n'est pas qu'une histoire d'amour, loin de là, même si c’est comme ça que débute
l’aventure de nos deux compères. Leur route sera semée d’embûches et de rivalité, de rencontres amicales et de dépassement de soi. Du pur nekketsu quoi !
Au fur et à mesure des chapitre, l’histoire nous dévoile de nombreux rouages du magazine et du métier de
mangaka.
Le tout est mené tambour battant, à 100 à l’heure, avec des sauts dans le temps de parfois six mois dans un
seul chapitre. Le ton de l’histoire est assez humoristique, sans tomber dans la franche rigolade (un peu comme pour Hikaru no Go). Notons à sujet une évolution dans le trait d’Obata, qui a
tendance à déformer plus qu’à l’habitude la tête de ses personnages lors de ces scènes humoristiques. Pas plus mal, pour ceux qui trouveraient un peu froid les dessins de Death
Note.
Nos héros viennent de recevoir une réponse positive de leur éditeur.
Œuvre de commande ou plaidoyer anti-jump ?
En 2008, le Shonen Weekly Jump fêtait ses 40 années d’existence. Ce fut l’occasion d’organiser en grandes
pompes divers événements commémoratifs et d’ouverture sur le monde, comme par exemple le site multilingue Jumpland, qui proposa d’ailleurs en avant-première la traduction officielle de Bakuman,
quelques semaines après sa publication au Japon (une première !)
Dans ce contexte, on est en droit de se demander si Bakuman ne serait pas une œuvre de commande, chargée de
faire l’autopromotion du magazine. On retrouve ainsi à de nombreuses reprises des allusions aux succès passés du Jump, et ce dernier semble toujours présenté comme la référence ultime dans le
paysage manga. Certes, les ventes du magazine sont toujours très hautes, mais sont loin de distancier ses concurrents comme ce fut le cas dans les années 80 et début 90. Le Jump est d’ailleurs
dans une grande période de creux, avec très peu de locomotives, et de nombreux titres qui entrent aussi vite qu’ils ne sortent faute de succès rapide.
Mais, s’il s’agit d’une œuvre de commande, il faudrait croire également que, suite au succès de Death
Note, Obata et Ôba ont entre leur main un passe-droit en or, leur permettant de nombreuses libertés au sein du Jump.
Car, à côté des allusions complaisantes, on retrouve également de nombreuses critiques acerbes que l’on ne
pourrait logiquement tolérer au sein d’un organe distribué au grand public. Et pourtant, les auteurs n’y vont pas de main morte lorsqu’il s’agit de donner leur avis par l’intermédiaire des
personnages.
Les classements des séries dans le magazine, reflet de leur popularité, est contestée par un apprenti
mangaka, ami des héros. Les relations entre éditeurs, parfois prêts à se tirer dans les basques plutôt que de chercher à faire leur boulot correctement est dénoncée. Bien d’autres critiques sont
faites, mais celle que je n’aurais cru voir et qui m’a le plus surpris est celle portant sur le renoncement de l’intention artistique par les auteurs au profit du succès commercial. En gros, les
mangaka, pour être publiés dans le Jump, doivent avant tout faire quelque chose de vendeur plutôt que quelque chose d’original, personnel ou artistique. Je ne me voile pas la face, les séries du
magazine sont commerciale et je les prends comme tel depuis (presque) toujours, mais de le voir dénoncé tel quel dans leur page, je ne m’y attendais vraiment pas.
Le manga oscille toujours sur le fil, afin, je pense, de dire ce qu’il pense sans trop froisser les éditeurs.
Un bon dosage tout compte fait, qui laisse la place au plaisir de lecture hors polémique.
Les trois principaux personnages, par Usamaru Furuya (La musique de Marie, Le cercle du Suicide, ...), ami d'Obata.
Au menu du jour, un petit écart par rapport au sujet initial de ce blog. Je vous propose aujourd'hui de vous plonger dans ma prose, en vous délectant d'un court récit fictionnel.
J'ai en effet participé au concours de fanfic de l'Epitanime, et bien que n'ayant pas gagné (l'histoire gagnante ici), je
trouverais dommage de laisser cette histoire tomber dans les lymbes de l'oubli binaire.
Entre les deux thèmes proposés, j'ai choisi le suivant :
" Un flyers de la conv' a atterrit dans un endroit des plus étranges.
Et si cet endroit ne faisait pas parti de notre monde ? Et si certains habitants décidaient de se rendre à la convention ? Que se passerait-il ? "
Je n'ai pas vraiment respecté le sujet, n'ayant jamais été grand fan de fanfiction reprennant des personnages déjà connus (à part en doujin, j'ai jamais accroché). J'ai donc créé de toute pièce
cette courte aventure, mèlant tranche de vie avec une pointe de fantastique, et mettant en scène la reine des otak', OtaQueen !
Bonne lecture !
OtaQueen VS
Par Casual-Otaku (mars 2009)
Thomas est un garçon plutôt pas mal. Il est gentil, et toujours prévenant envers moi. Je dois avouer que je pense souvent à lui… Je le trouve même assez mignon.
Mais, aujourd’hui, sous ce soleil couchant de novembre, je ne peux définitivement pas accepter sa proposition.
« Tu sais, Candice, ça fait un petit moment que je ne peux m’empêcher de te regarder en classe… »
Ca, j’avais remarqué ! Ca fait plusieurs semaines que je le vois me fixer à longueur de journée.
« En fait, j’aimerais bien qu’on puisse passer la soirée ensemble… Je connais un nouveau bar qui est très sympa, c’est un concept nouveau, et… »
Il s’arrêta net, et je réalisai alors la moue exagérément exaspérée que j’affichais sur mon visage ! Ma réaction sembla le glacer, et je cru un instant que des
larmes allaient perler au coin de ses yeux. Décontenancé, il tourna le dos et soupira :
« C’est bon, j’ai compris, te fatigue pas à me répondre…
— Non, attends, tentai-je de lui expliquer : ma grande sœur a accepté de garder les trois chiens et les deux chats d’une de ses collègues, et l’un d’eux
souffre de problèmes digestifs. Si on ne le promène pas cinq fois par jour, ses gaz intoxiquent la maison ! Et c’est mon tour de le sortir le soir pour les trois prochains mois ! Donc
désolée, je ne peux vraiment pas t’accompagner à ton bistro !
— Un bistro… non, mais, tu n’a pas compris ! Hé ! Mais attends ! »
Au fur et à mesure que j’allongeais mes pas, j’entendais s’éloigner les appels de Thomas. Je ne suis pas très grande, il me faut donc plus d’enjambées que
l’individu moyen pour parcourir le chemin qui me ramène à la maison. Mais j’ai appris depuis longtemps comment optimiser au mieux mes capacités, si bien que je pourrais certainement rivaliser
avec certains athlètes confirmés. En effet ; je ne dois perdre aucune seconde : mes cours se terminent à 17h00, et j’ai vingt minutes pour parcourir les trois kilomètres qui me
conduisent vers mon anime préféré, Dragon Taisen !
Thomas a beau être le plus joli des garçons du lycée, son discours est tombé au mauvais moment. J’ai toujours refusé les relations amoureuses. C’est un trop grand
investissement de temps. Et j’ai du en renvoyer chez leur mère, des prétendants transis ! Notez, je les comprends, on m’a toujours trouvée canon… Même les filles de ma classe rougissent
quand je me change dans les vestiaires de sport ! Mais comment pourrais-je combiner un petit ami avec ma passion ? Impossible. Tant pis pour eux, quitte à le regretter comme cette
fois-ci… J’ai une réputation à tenir, moi !
Vous connaissez OtaQueen ? La reine du virtuel, la princesse de la blogosphère anime et manga ? Celle qui sait tout sur tout avant tout le monde ? Et
oui, c’est moi !
*
* *
C’est à bout de souffle que j’arrivai à la maison.
« Je suis rentrée », criai-je tout en sautant dans mes chaussons. Karine, ma grande sœur, pointa le nez en dehors de la cuisine.
« Alors ? » me lança-t-elle, tout sourire. Depuis le décès de nos parents, c’est elle qui a repris les rênes du foyer. Ca a l’air de lui plaire, ce
nouveau rôle ! En tout cas, elle le prend très au sérieux et est très attentive à mon frère et moi. Heureusement, ses 26 ans la rendent très proche de nos préoccupations et nous laissent
beaucoup de libertés.
« Alors quoi ? », lui répondis-je.
« Il t’a parlé, non ? J’ai eu la sœur de Thomas au téléphone cet après-midi, il avait convenu de te déclarer sa flamme ce soir ! Ne me dis pas qu’il
s’est dégonflé !? »
Je sentis mes joues devenir écarlates, si bien que bientôt tout mon visage bouillonnait.
« Ne rougit pas, c’est normal à ton âge ! » murmura Karine d’un air malicieux.
« Je ne rougis pas ! Je suis en colère ! hurlai-je de rage. Tu ne peux pas plutôt t’occuper de ta vie sentimentale ? Vraiment, j’ai horreur des
coups montés derrière mon dos ! » Comme si ce n’était pas déjà assez frustrant d’avoir du refuser l’invitation d’un si beau garçon !
« Allez, calme-toi, soupira-t-elle. Ta dernière commande est arrivée à la Machine ! »
Ma sœur me connaissait bien. Elle savait que le moyen le plus rapide de me faire changer d’humeur était de me faire penser à ma passion. Je la quittai donc
immédiatement et monta quatre à quatre vers ma chambre. J’allumai rapidement mon ordinateur, afin de ne pas louper la diffusion en streaming de mon épisode du soir. 17h25. Arg ! C’est déjà
commencé. Enfin, c’est pas bien grave, j’ai déjà l’intégrale en DVD depuis 2 mois.
Oui, vous avez bien lu : sur mon étagère, trône le coffret DVD d’une série en cours de première diffusion. Haha ! ça vous en bouche un coin, non ?
Comme je l’ai dit, je suis l’OtaQueen, j’ai tout à l’avance ! Et ça, c’est grâce à la Machine.
La Machine, c’est une imprimante matérialisatrice mise au point par mon père. Il était chercheur en informatique, mais c’est par un total hasard qu’il est arrivé à
ce résultat. Un jour, en imprimant la confirmation de précommande de divers mangas, j’eu la surprise de voir apparaître un nuage étincelant. Quand celui-ci fut dispersé, je trouvai face à moi les
bd qui m’attendaient comme par magie !
Vous comprenez bien que, pour une passionnée comme moi, c’est une aubaine ! Je n’ai plus à attendre qu’un manga soit publié : je l’ai déjà lu ! Un
nouvel anime me plait ? Aucun soucis, j’en reçois l’intégrale dès le lendemain !
Etant férue d’informatique, je ne peux m’empêcher de tenir à jour un blog où je glisse ça et là quelques infos inédites sur les titres à venir. Vous comprenez
maintenant d’où vient mon surnom d’OtaQueen ! La plupart des fans qui me suivent me croient dans l’intimité immédiate des mangakas… C’est vrai que ça me plairait beaucoup !
Cependant, je me fais doubler depuis quelques temps par un garçon qui semble avoir les mêmes informations que moi… Il a d’ailleurs le toupet de se faire appeler
OtaKing ! Lui aussi est un grand fan de Dragon Taisen… Autant dire que la guerre gronde entre nous deux ! C’est à qui aura la dernière exclusivité, la dernière illustration
inédite ! Je suppose que mon père ne fut pas le seul à découvrir les capacités de l’impression matérialisatrice… Mais ça n’empêche pas : il aurait pu être fan de comics ce
type !
Tout en jetant un œil régulier à mon anime, j’entrepris d’ouvrir le colis arrivé : quelques tomes de manga, ainsi que la figurine à monter du mecha de l’anime
en question. Héhé, rien que des nouveautés qui ne paraîtront que d’ici six mois au Japon ! Voilà de quoi m’assurer une longueur d’avance sur mon rival.
Je m’apprêtais à me lancer sur mon clavier pour rendre compte de mes acquisitions sur mon blog, quand un petit papier attira mon attention. Une illustration de
Kojiro, le héros de Dragon Taisen et le mot Exclusivité me sautèrent aux yeux comme une illumination. Il s’agissait d’un flyer faisant la promotion d’une des plus grandes conventions
françaises : l’Epitanime. J’y étais l’an dernier, et j’en ai gardé de très bons souvenirs ! Cette année, ce rendez-vous des otaku et des fans du Japon accueillait Jo Mikamura, le mangaka de
ma série préférée ! Je ne peux exactement retranscrire ce qui me passa par l’esprit à ce moment-là. Entre joie éclatante et détermination rageuse, il ne me resta finalement qu’une seule
idée : il me fallait le rencontrer ! Et obtenir une dédicace ! Avant OtaKing !
Oui, mais comment ?
*
* *
Je n’ai pas dormi de la nuit, cherchant un moyen d’obtenir cette dédicace. Tous les scénarios possibles se mélangeaient : contacter quelqu’un du futur par
Internet pour qu’il m’obtienne une dédicace, aller à l’Epitanime et donner le manga à mon site d’achat pour qu’il l’envoie à mon moi du passé, … Rien ne me semblait faisable sans révéler le
secret. J’ai cogité sans relâche, et surtout sans fermer l’œil. Autant dire que la journée allait être difficile…
A mon arrivée au lycée, je filai immédiatement en classe. Hors de question de croiser Thomas ! Le pauvre, j’ai un peu de peine pour lui… J’étais la première à
pénétrer dans le laboratoire de chimie. Une rose rouge était posée sur ma table.
« Y a pas à dire, il sait y faire avec les filles celui-là ! murmurai-je en souriant. Mais faudrait pas qu’il exagère non plus, si quelqu’un s’en aperçoit
je vais en entendre parler toute l’année », ajoutai-je en glissant la fleur dans mon sac. Ce petit geste me toucha profondément, même si les sentiments que j’ai pour lui n’arrivent toujours
pas à la hauteur de ceux que j’éprouve pour les manga.
Les autres élèves entrèrent dans la classe au compte-goutte, et j’ai pu me débrouiller pour éviter le regard de Thomas. Le cours commença. Notre prof était une
vieille dame en fin de carrière. Vieux gilet, cheveux blancs poussiéreux, lunettes au verres fumés et verrue sur la joue. A la voir, on pouvait croire qu’elle aurait pu déjà prendre sa retraite
depuis une vingtaine d’années ! Se tournant vers le tableau, elle récita tel un robot :
« Nous allons reprendre notre leçon sur les échanges gazeux. Silence dans le fond ! Comme nous l’avons dit la semaine dernière, si l’on transforme un
élément A en … la résultante … gaz … hydrolyse … oxygène … CANDICE ! » hurla-t-elle d’un coup.
« Oui Madame ? » dis-je en me réveillant.
« Répétez moi ce que je viens de dire !
— Heu… Et bien…, balbutiai-je.
— Bon, je répète pour vous, mais c’est bien parce que c’est la première fois ! Je disais : si le transfert se fait dans un sens, on peut le faire en sens
inverse ! »
Si le transfert se fait dans un sens, on peut le faire en sens inverse… Si le transfert se fait dans un sens, on peut le faire en sens inverse…
Ses mots résonnèrent dans ma tête comme une incantation. SI LE TRANSFERT SE FAIT DANS UN SENS, ON PEUT LE FAIRE EN SENS INVERSE !
« Mais oui ! » m’écriai-je à haute voix.
Sous les yeux médusés de mes camarades de classe, j’attrapai mon sac à dos et ma veste, et, d’un seul bond, je sautai au coup de la prof :
« Madame, je vous remercie infiniment », lui dis-je en l’embrassant.
C’était tellement évident que l’idée ne m’était pas venue à l’esprit : il me suffisait de me fondre avec le nuage étincelant précédent l’arrivée de mes
commandes pour accéder à ce futur ! C’était sans risque : dans le pire des cas, je ne pourrai revenir à mon époque et j’aurai perdu six mois de ma vie. L’expérience valait bien
ça !
Je quittais le lycée dans un état euphorique, sous les cris de Thomas, qui, depuis la fenêtre de la classe, ne semblait pas comprendre ce qui m’arrivait.
Mais attendez… J’ai embrassé la prof moi ! Beurk ! !
*
* *
Une excitation craintive m’envahit quand je me décidai à cliquer sur le bouton d’envoi de ma commande. Dans quelques minutes, la machine s’allumera et matérialisera
la commande de goods vendus exclusivement pour l’Epitanime. J’enfilais mon costume de Rinoka, la copine de Kojiro de Dragon Taisen. Je l’avais confectionné pour la convention de l’an dernier.
Brrr, il fait vraiment pas chaud pour porter ce mini-short !
Quand l’imprimante se mis à vibrer, je sentis que je ne pouvais plus faire demi-tour. Je me plaçai face à elle et le nuage étincelant commença à m’entourer…
Tout ce mit à tourner dans la pièce, et ma vue se troubla. Si cette sensation fut dans un premier temps assez désagréable, elle changea progressivement en une
chaleur douce qui m’envahit entièrement. Je flottais légèrement comme une plume… L’environnement de ma chambre se modifia alors : les murs s’évaporèrent, et des bruits familiers se firent
entendre. Cette musique… Mais oui, c’était le générique de mon anime préféré !
J’ouvris les yeux : j’étais au cœur de l’Epita ! Ca avait fonctionné ! J’avais voyagé dans le temps ! Je n’en revenais pas !
Les animations battaient leur plein : un blind test sur des génériques japonais avait lieu dans la cour, alors que divers animé étaient projetés et que des
otakus se défiaient sur les derniers jeux vidéo en date.
Le soleil brillait haut dans le ciel, j’avais bien fait de mettre mon cosplay léger ! Il fit d’ailleurs grande sensation : je me suis faite photographier
au moins cinquante fois en l’espace de deux heures ! Comme par hasard, les quatre-vingt-dix pourcent des demandes venaient de garçons… J’en ai profité pour prendre des poses suggestives,
comme Rinoka, ça les fera un peu rêver, les pauvres geeks !
Je me rendit ensuite auprès des dizaines de stands qui exposaient des goodies. J’en ai profité pour acheter quelques fanzines, c’est souvent plus difficile d’en
acheter à d’autres moments. L’un d’eux était rempli de parodies coquines de Dragon Taisen… J’ai un peu honte, mais je l’ai acheté !
Soudain, une voix se fit entendre dans les haut-parleurs :
« Attention, attention ! Dans quelques minutes, Jo Mikamura sera présent pour dédicacer le dernier volume de Dragon Taisen ! Venez vite le
rejoindre ! »
OtaKing, ta fin est proche ! Enfin quelque chose que tu n’auras pas !
Je suivis alors les dizaines de fan qui se dirigeait vers le lieu de la rencontre. Jouant des coudes et de sourires suaves, je parvins à me retrouver quinzième de
la file d’attente. Dix minutes plus tard, le mangaka arriva. Tiens, je le croyais plus grand ! Il a à peine ma taille.
Plusieurs fans cosplayés patientaient dans la file. Le garçon me précédant était déguisé en Kojiro : une tenue de kendo bleue, ceinture blanche, et un loup
noir sur le visage. De dos, son costume avait l’air très ressemblant ! On voyait qu’il avait été fait à la main, ce n’est pas un de ces accessoire que l’on peut acheter tout fait sur le net.
Je trouve que ce genre de créations a tout de suite plus de charme, elles contiennent tout de suite un certain supplément d’âme qui fait la différence ! Je m’apprêtais à aborder le Kojiro en
question quand je me rendis compte que l’on était juste devant l’auteur. Son interprète demanda au garçon à quel nom faire la dédicace. Il répondit :
« Je suis très connu sous mon pseudo sur Internet. Veuillez, s’il vous plait, dédicacer votre œuvre à OtaKing »
Ces mots me glacèrent le sang ! Mon rival se tenait juste devant moi et il m’avait devancé ! Je crus un instant que j’allais m’évanouir !
« Mikamura-sensei, veuillez excuser mon intervention », implorai-je, les main jointes sur mon front en signe de profond respect.
« OTAKING ! hurlai-je. Je suis OtaQueen ! C’est à moi que revient de droit la primeur de cette dédicace ! Je retournerai dans le passé et je la
diffuserai sur le net avant toi ! »
Il se retourna, et je devinai que, derrière son masque, un regard consterné me fixait.
« Candice… C’est toi OtaQueen ?? » s’étonna le garçon, retirant son loup.
« Thomas !? Tu es… » balbutiai-je. Ma rage tomba d’un bloc. Mes joues se mirent à rougir de honte, mais mes lèvres ne pouvaient s’empêcher de
sourire. Lui aussi était un peu gêné, mais ses yeux semblaient pétiller de bonheur. Mon rival virtuel était en fait mon prétendant réel. C’était complètement surréaliste : une vraie
situation de manga !
« Candice, je crois que l’on a un hobby commun, non ? » murmura-t-il timidement… Je ne pouvais nier… Moi qui ne voulais pas m’encombrer d’un petit
ami pour ne pas délaisser ma passion, je me retrouve avec une possibilité de combiner les deux !
Il m’expliqua alors qu’il lisait des manga depuis toujours, car son père travaillait pour un grand éditeur. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a souvent
accès à des informations exclusives. Il n’y avait donc pas d’autre machine matérialisatrice… Je ne vous cache pas que je n’ai absolument pas relancé la discussion vers mon voyage dans le
temps !
Jo Mikamura, semblant s’impatienter, se leva de sa chaise, et nous prenant par les épaules, nous suggéra, par l’intermédiaire de son traducteur :
« Et bien jeunes gens, il ne vous reste plus, OtaQueen et OtaKing, qu’à vous allier afin de régner ensemble sur le monde des otaku, non ? »
Oui, pourquoi pas… C’est vrai que Thomas est un garçon plutôt pas mal…
The End
ps : le tout est bien évidemment la propriété de Casual-Otaku, sous contrat Creative Commons (by, pas de sousous, = ).
J’ai dernièrement eu quelques jours de vacances. J’en ai profité pour regarder des animé que j’avais mis de côté depuis quelques temps. Au
programme : beaucoup de rattrapage, voir une plongée dans les vieilleries, peu (pas ?) de nouveautés.
Des petits avis rapides, donc, comme beaucoup le font.
Queen Millenia (1981)
J’aime bien les vieilleries en général, et Leiji Matsumoto en particulier. J’avoue ne jamais avoir lu/vu sur cette série jusqu’il y a peu, chez Gemini. C’est donc plein de curiosité que je découvre petit à petit ce que l’on considère parfois comme le prélude à la saga Galaxy
Express/Maetel.
Les deux premiers épisodes n’en disent pas long, ce qui aide bien à mettre en place le suspense : Une planète étrange s’approche de la Terre, et la collision
est prévue pour le 9 septembre 2009. Un jeune garçon féru d’astronomie va être impliqué dans l’affaire quand son père, chercheur, se fait assassiner dans l’explosion de sa maison. Il sera alors
pris en charge par son oncle, travaillant à l’observatoire qui a découvert l’énigmatique planète…
Ce qui semble être un animé style Space opera, au vu de certaines illustrations, se déroule, pour cette introduction, dans un univers contemporain (enfin,
contemporain d’il y a 30 ans). Ca se laisse suivre, on a envie d’en savoir plus (Visiblement, après un coup d’œil rapide jeté au film, celui-ci semble différer assez nettement de la série
télé)
Villgust (1993)
Petite série d’OAV en deux épisodes, adapté d’un rpg sur Super Nes. Pour
débarrasser le continent du méchant du coin, la déesse du coin envoie sur terre deux groupes de 4 braves. La première partie sert à planter le décor, présenter les deux groupes et l’enjeu. La
deuxième met en scène la réunion des héros et le combat final. C’est très court, très rapide, mais heureusement le tout est servi avec une bonne dose d’humour, classique certes, mais qui
fonctionne bien. Les héros sont tous représentés sous forme de SD, et les méchants sont bien crétins.
Bref, une heure passée avec plaisir avec cette série que je voulais voir depuis un paquet d’année.
Cobra – The animation (2008)
Le manga original de Cobra est paru de 1978 à 1984 dans les pages du Weekly Shonen Jump. Il donna lieu à un long métrage en 1982, directement
suivi par une série télé, bien connue des animé-fan. En 1995, Buichi Terasawa repris le personnage en alternant colorisation d’histoires anciennes et aventures totalement inédites.
C’est deux de celles-ci qui sont prévues dans cette série de six OAV. La première, The Psychogun se compose de 4 épisodes, dont le dernier a du
sortir vendredi dernier au Japon.
On retrouve donc le sympathique pirate de l’espace, toujours prêt à risquer sa vie pour une bimbo. La belle en question est, cette fois,
archéologue, en passe de découvrir les secrets de l’Univers (rien que ça…) Et bien sûr, la Guilde intergalactique (sorte de mafia du futur) est sur le coup !
J’aime bien. L’ambiance d’antan est bien reproduite, le scénar est bien ficelé ! Ca me fait exactement la même impression qu’en regardant un
James Bond ou le Lupin III annuel : nostalgie, certes, mais avec un p***n de truc en plus via les progrès technologiques. Bref, j’attends le dernier opus avec impatience, surtout après le
cliffhanger du 3ème épisode.
Notons qu’une série télé est aussi prévue pour cette année, mais quand ...?
Kannagi (2008)
Déception -_- ;
Vu le buzz assez important de ces derniers mois, je croyais réellement passer à côté de quelque chose d’important en ne regardant pas Kannagi. En
fait, je n’aurais pas du m’interdire de lire les différentsarticles de blog sur son sujet… A la base je voulais me faire mon propre avis mais, pour le coup, j’ai
l’impression d’avoir perdu du temps.
Un animé de tranche de vie, avec une pointe de fantastique. Je ne suis pas réfractaire à ce genre, mais dans ce cas, ça ne décolle pas rapidement
du tout : les personnage ne sont pas suffisamment charismatiques à mon goût pour soutenir une série de ce type.
On a parfois comparé cette série à La Mélancolie d’Haruhi Suzumiya… Moi je vois
pas trop le rapport. Haruhi a un côté déjanté que l’on ne retrouve pas ici, et le fantastique y est bien plus flagrant.
Trois épisodes de vu, le 4 survolé : pour l’instant je m’ennuie et je compte arrêter.
Lucky star (2007)
L’inverse du précédent !
De la tranche de vie décalée, assez drôle, sur des sujets inattendus pour la plupart. J’espérais un semblant de scénario, mais on nous propose
ici des scénettes présentant un groupe de 4 collégiennes discutant de leurs préoccupations du moment : pâtisserie, jeux vidéo, robes de mariage, manga, série télé, … La liste est longue et
risque de surprendre à plusieurs reprises !
L’humour se base sur les personnages souvent en décalage avec leur propos, un sens du non-dit (très bien amené par les dessins expressifs), voir
du non-vu (le générique de fin se déroule dans un salon de karaoké, dont la porte fermée laisse passer les dialogues et chants des héroïnes).
A voir au compte-goutte cependant, afin de ne pas faire de surdosage. (Quatre épisodes vus)
Voilà, un petit compte rendu en attendant la préparation d’un article en deux parties sur Bakuman, le dernier manga du duo
Obata/Oba.
Bonjour à vous, chers lecteurs ! Cet article devrait logiquement être plus lu que les
précédents, je suis en effet normalement référencé chezBikasuishin no Gregarius. J’ai remarqué
également que Skav me cite dans son dernier post surBlogchan, ce qui devrait ramener du monde en attendant un référencement sur cet aggrégateur (Skav attend quelques articles de
plus, ce que je comprend tout à fait). Donc bienvenue à tous, je vous laisse donc avec l'article du jour !
Dans l’abondante masse d’auteurs
publiés en français, il est des mangakas qui passent relativement inaperçus. Manque de visibilité, peu vendeur, public visé restreint… Les raisons de ce phénomène sont multiples et il serait vain
de s’étendre sur le sujet.
Alors, quand un bloggeur tombe sur une perle méconnue, il est de bon ton pour lui de
prendre la plume et d’annoncer la bonne nouvelle aux otakus de bonne volonté.
C’est ce qui m’est arrivé il y a quelque temps, et je ne peux retenir ma verve plus
longtemps.
Haruko Kashiwagi est une auteure de
seinen manga (chose assez rare pour le souligner, ce genre de production étant largement le fait d’hommes). Deux de ses œuvres nous sont
parvenues à l’initiative de l’éditeur Akata/Delcourt : Initiation (Hanazono Merry go Round) et Rivage (Onimushi). Nous nous intéresserons ici à la première.
L'auteure (on a vu plus moche)
Paru en 2001 dans les pages du Big Comic
Spirits (Shogakukan), Initiation compte cinq volumes d’environ 210 pages (une cinquantaine de plus pour le dernier).
Histoire
La jeune auteure a tendance à se mettre en scène dans ses mangas. C’est également le cas ici, où, dès les
premières pages, elle nous propose de nous raconter une histoire qui est arrivée à l’un de ses amis. Pour préserver son anonymat, elle l’appellera Ki-Itchi Aiura.
Aiura ne sait pas encore à quoi il va participer...
Lors des vacances d’hiver de ses quinze ans, ce dernier se décide à se rendre dans le village natal de son
père, afin d’y récupérer le sabre sacré familial. Celui-ci avait été confié à un bonze chargé de briser une malédiction ancienne, et n’avait pas été revu depuis lors.
Malheureusement, Aiura s’endors dans le bus, et loupe l’arrêt. C’est en pleine montagne enneigée qu’il se
retrouve, avec comme seule possibilité de marcher en sens inverse pour atteindre son but. La nuit tombe, et c’est avec chance qu’une jeune fille en scooter passe par là. Sumiko (c’est son nom)
lui propose alors de l’héberger pour la nuit dans l’auberge que tient sa mère.
Sumiko
Il découvrira le village isolé de Kebigasawa, où les mœurs sexuelles sont quelque peu inhabituelles… Le jeune
homme va alors être entraîné dans une spirale initiatique à laquelle il n’aurait pas dû prendre part, ce qui lui attirera les foudres de bon nombre de villageois.
Sexualité
On raconte qu’à l’époque Jômon (-10 000 – -300), les populations vivaient autour d’un
même foyer et pratiquaient une forme de « sexualité communautaire ». Pendant l’époque de Yamato (300-710), les couples vivaient séparés, et le mari devait régulièrement « rendre
visite » à sa femme. Mais un homme pouvait également avoir d’autres partenaires. Les relations entre les deux sexes étaient, semble-t-il, ambiguës. On raconte également qu’à l’ère Heian
(794-1185), le mariage d’un demi-frère et d’une demi-sœur était chose fréquente. Rien qu’en se penchant sur l’histoire du Japon, on constate que les modes de relations homme-femme peuvent être
très diversifiés. Ce n’est qu’au cours de l’ère Meiji (1868-1912) que la notion de chasteté fit son apparition. Jusqu’à cette époque, les Japonais avaient une sexualité très libre.(Introduction du tome 1)
Le village de Kebigasawa, ancienne retraite construite par un seigneur local pour se
protéger en cas d’attaque de son château, était perdu au milieu de nulle part. Avant le développement des moyens de communication modernes, la reproduction de la population faisait très
rapidement face à un mur : faute de sang nouveau, l’endogamie risquait de ne pas avoir de bons résultats génétiques. Les anciens l’avaient bien compris, et avait mis au point des stratagèmes
culturels afin de palier au problème. Ainsi, toute femme de 33 ans était considérée comme dans sa « mauvaise année ». Elle devait conjurer ce mauvais sort en faisant l’amour avec un
homme plus jeune qu’elle, de préférence venant de l’extérieur.
Sur cette base, toute une sacralisation de l’acte sexuel se mis en place, avec de nombreux
rites d’initiation des plus jeunes par les adultes. Paradoxalement, cette sacralisation a pour conséquence de désacraliser le sexe, lui enlevant tout tabou que nos sociétés
judéo-islamo-chrétiennes, ou encore japonaise moderne, ont tendance à lui associer.
Initiation des garçons par les femmes du village
Aiura tombe ainsi dans un environnement totalement en opposition avec son éducation, ce
qui le perturbe énormément. Il faut dire qu’il est bien sollicité, d’une part par une tenancière de l’auberge en plein dans sa trente-troisième année, les mégères du village prêtes à tout pour
l’initier, et la jeune Sumiko, qui, malgré son air agressif, pourrait bien ressentir quelque chose de très fort envers lui.
Dit comme ça, on pourrait croire être dans un manga-harem comme il y en a beaucoup
actuellement. Il n’en est rien, et l’ambiance noire et feutrée de l’ensemble ne fait que souligner le bourbier dans lequel s’enfonce Aiura. Il percera un peu trop profondément les secrets de la
communauté, qui cherchera alors à tout prix de se protéger. En effet, comment réagirait l’extérieur s’il apprenait l’existence de ces rites de passage et cette liberté sexuelle
ancestrale ?
L'initiation se termine par la pénétration l'un énorme penis de paille dans une étroite grotte
Notre héros, qui aurait pu fuir depuis le début, fera cependant tout pour récupérer le
sabre pour lequel il est venu. Il est d’ailleurs amusant de souligner le parallèle entre la quête de ce fort symbole phallique freudien (oui, il n’y a pas que l’homoérotisme qui l’est !) et
l’initiation à la sexualité d’Aiura.
Le manga
J’aime bien le style de Kashiwagi, mais il faut s’y habituer. On peut en effet le trouver
un peu grossier et oppressant (traits assez épais et saturation des pages entre les perso et les décors). Mais cette impression disparaît au fil des pages et on finit par apprécier cette
originalité. Notons que son trait s’affine vers la fin de l’histoire, et encore plus dans Rivage, dont je parlerais à une autre occasion.
Le dessin contribue beaucoup à l’ambiance générale de l’œuvre. Quand on feuillette
rapidement le manga, on peut se demander combien de litres d’encre l’auteur a bien pu pouvoir utiliser. Les pages sont très noires et sombres. Ceci s’explique par le grand nombre de scènes se
déroulant la nuit ou dans des pièces faiblement éclairées.
On a donc une ambiance très feutrée, intimiste. Les scènes de sexe sont très bien
représentées, avec une petite touche féminine qui les rend souvent, je trouve, plus excitante qu’un hentai standart.
L’auteure est également très forte lorsqu’il lui faut faire passer un humour de situation
subtil. Ce qui n’est pas désagréable pour nous détendre de l’intensité du reste de l’œuvre.
Aiura se laisse peu à peu aller aux jeux de l'initiation...
La narration est, quant à elle, très bien menée. Si les deux premiers volumes se font à un
rythme posé (sans lenteur cependant), tout s’accélère avec le retour du père de Sumiko. Le dernier tome est d'ailleurs mené tambours battant pour une poursuite finale palpitante. Un épilogue
viendra cependant conclure dans le calme cette série qui cumule sérieux et très bon divertissement.
Je vous recommande donc très fortement cette lecture, en attendant de retrouver Haruko
Kashiwagi lors d’un prochain article sur Rivage, dont il me reste deux tomes à découvrir.
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